Magal Porokhane 2015

La communauté musulmane dans son ensemble, celle Mouride en particulier, célèbre ce Jeudi 19 Février 2015 à Porokhane, la journée de prières et de recueillements dédiée à Sokhna Mariama Bousso plus connue sous l’énigme nom de Mame Diarra Bousso (Diaratou Lah : la voisine de Dieu).

Sokhna Diarra est née vers 1833 à Golléré au Fouta. Elle est fille de Serigne Mouhamadou Bousso et de Sokhna Asta Walo Mbacké (Nawel), une femme qui a consacré toute sa vie à l’adoration de Dieu et à la transmission du savoir Islamique. Sokhna Diarra descend directement de la lignée de Imam Hassan, Petit Fils du Prophète Mouhamed (SAWS)
Sokhna Diarra est l’exemple de la femme idéale en Islam. Elle fût très tôt éduquée dans la pure tradition musulmane par sa mère dont les enseignements étaient réputés partout. Elle maîtrisa le Coran chez elle et allia à la fois les sciences théologiques et les taches quotidiennes inhérentes à la vie d’une femme dans la société. En elle, se trouvait déjà à bas âge un condensé de valeurs qui doivent caractériser la femme musulmane : le savoir, la piété, la droiture, la soumission exclusive à Dieu le Guide Suprême . Son engagement et sa détermination à se conformer quoiqu’il advienne aux instructions de la charia sont connus de tous et chantés par les grands poètes mourides comme Serigne Moussa Kâ, Serigne Mbaye Diakhaté, etc. Ce qui signifie qu’elle menait une intense activité pieuse. Ce qui n’entrava en rien sa soumission totale à Serigne Mor Anta Sally Mbacké. De Nawel où elle partit pour rejoindre le domicile conjugal à Mbacké son serment fut mémorable et toute l’assistance était émue de la forte détermination de Mariama Bousso qui croyait en Dieu à tel point qu’elle venait de montrer que par le service qu’on rend à son maître (époux) on peut, non seulement parvenir au cercle scellé de Dieu mais aussi avoir une descendance digne des grandes figures de l’Islam.
L’histoire lui donnera raison car, malgré une courte vie (33 ans), est s’est assignée les règles de bonnes conduites islamiques au point que Dieu lui donna une progéniture exceptionnelle. Elle est la mère de Serigne Mouhamadou Mor Diarra (Borom Sam), de Serigne Abibou Lahi, de Sokhna Fatima et du Serviteur Privilégié du Prophète Mouhamed (SAWS) Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul.
Sokhna Diarra éduquait ses fils en leur traçant la voie à suivre pour faire parti des pieux valeureux de l’Islam. Elle accomplissait ses devoirs familiaux et se consacrait exclusivement à l’adoration de Dieu comme nous le rapporte Serigne Bassirou Mbacké dans son livre Minanoul Bakhi Khadim. En effet dans ce livre de référence, Cheikh Mouhamadou Bachir nous explique Sokhna Diarra savait trouver le temps de s’occuper de l’éducation et de la formation de ses enfants. Elle aimait leur raconter très souvent l’histoire des saints et des pieux anciens, afin que leur vie leur serve d’exemple, de référence. C’est ainsi Cheikh Ahmadou Bamba se retirait dans la nuit parce que ayant entendu sa mère dire que les valeureux preux de l’Islam avaient l’habitude d’être debout toute la nuit. Et pourtant, en ce moment, Le Cheikh ne savait même pas que c’était pour prier parce que étant trop jeune.
En somme Sokhna Diarra se distinguait par sa foi, sa piété, une constance notoire dans la mission qu’elle s’est assignée. Ce qui fait d’elle une femme exempte de tout reproche vis-à-vis de Dieu, de son époux et des voisins en premier lieu ses coépouses (Mame Anta Ndiaye Mbacké et Mame Faty Issa Diop) avec qui elle entretenait une complicité remarquable. En effet, de Mbacké à Porokhane en passant par Khourou Mbacké, jamais on n’a vu Mame Diarra se détourner ne serait ce qu’une fraction de seconde de son objectif. Voilà l’exemple de la femme musulmane que nos sœurs en Islam doivent méditer en terme de règles de bonne conduite, de comportements, de manières d’être vis-à-vis de Dieu, de leur époux, de leur coépouse et de la société.

Je pense que c’est cette vie courte mais remplie de bienfaits qui a valu à Mame Diarra un témoignage fort élogieux de son époux (son surnom de Diaratou Lah). C’est cette vie également qui fait que chaque année des milliers de personnes se déplacent vers ce haut lieu de pèlerinage qu’est Porokhane pour lui rendre un hommage appuyé.
Pour comprendre l’histoire de Porokhane, on peut se référer toujours à Minanoul Bakhi Khadim de Serigne Bassirou. En effet Serigne Bassirou nous explique que Maba Diakhou Bâ, du temps de sa croisade contre les ennemis de l’Islam, avait demandé à tous les grands penseurs musulmans de l’époque de venir le rejoindre au Saloum. Serigne Mor Anta Sally, a voulu s’installer à côté de Nioro pour pouvoir fonder une daara et s’occuper ainsi de l’instruction et de l’éducation de ses talibés. C’est dans ces conditions que Mame Mor Anta Sally installa sa famille à Porokhane (Fourkhane). D’ailleurs certains de ses fils naquirent là bas (Mame Thierno et Mame Cheikh Anta). C’est ainsi que Mame Diarra fût décédée et inhumée à Porokhane vers 1866. Mais que des miracles !!! Après la mort de Maba (1867 à Somb) Serigne Mor Anta Sally retourne au Cayor (Patar puis Mbacké Cayor) et Porokhane tomba dans l’oubli. Ce n’est qu’après 1912 que Serigne Touba dépêcha son Fils Serigne Bassirou à Porokane pour délimiter le mausolée et s’occuper du village ; Serigne Bassirou y venait se recueillir régulièrement. Serigne Bassirou y construisa une concession et organisa le 1erMagal de Porokhane en 1951. Mais rappelons que Serigne Touba venait souvent à Porokhane bien avant 1895. Après la disparition de Serigne Bassirou en 1966, son fils aîné Serigne Moustapha Bassirou prend le relais de l’organisation. C’est le lieu de rendre un hommage appuyé à Serigne Moustapha Bassirou pour le travail colossal qu’il a abattu à Porokhane durant les 41 ans passés à la tête de la famille de Serigne Bassirou. Il a réussi à faire de Porokhane un haut lieu de culte et de pèlerinage. Il a fait beaucoup de réalisations à Porokhane notamment la Mosquée, la construction du Mausolée, la résidence Mame Diarra et surtout la Daara (internat) Sokhna Diarra regroupant des homonymes de Mame Diarra.
Aujourd’hui Serigne Mountakha Bassirou assure avec brio l’organisation du Magal. A ses côtés se distinguent ses frères Serigne Abdou Hakim, Serigne El hadji Fallou, Serigne Issakha ; ses fils (et neveux) dont Serigne Moussa Nawel et tous ses frères surtout Serigne Bassirou Mbacké Porokhane qui assure chaque année la coordination de l’organisation de ce grand rendez vous.
Il est bien de noter qu’à notre connaissance les lieux de pèlerinage dans le village sont : le Mausolée, le puits et le ngui guiss (un arbre situé à la périphérie du village où Serigne Touba avait l’habitude de se retirer).

Bon Magal à tous.

Mamadou NDONGO dit Baaymama
Talibé Serigne Moussa Mbacké Nawel

Comments

comments