MAME CHEIKH ANTA MBACKE (1865-1941)

Surnommé l’éternel agitateur du Baol, à cause de ses démêlés avec l’administration française, Mame Cheikh Anta MBACKE est le frère paternel de Cheikh Ahmadou Bamba.

Il est le deuxième fils de Sokhna Anta NDIAYE et fut l’un des pionniers qui ont vu naître et vulgariser le Mouridisme.

De son nom arabe Mouhamad Ibn Moctar Ibn Abiballah ou Sidy El Moctar, Cheikh Anta est né à Porokhane en 1865. Fils de Momar Anta Saly et de Sokhna Anta NDIAYE, il fit ses humanités auprès de Serigne Mas, Serigne Niang, Serigne Matar Ndiaye, Serigne Ndame Abdourahmane Lo, Serigne Mor SECK de Thioumboulène et Serigne Mame Mor Diarra.
Mais une partie importante de son éducation fut entièrement à la charge de son grand-frère Cheikhoul Khadim.

A la disparition de Mame Mor Anta Saly, Cheikh Anta fait acte d’allégeance à son frère, orienté par sa mère Sokhna Anta NDIAYE dont la conversation entre son époux et Serigne Touba était tombée sur ses oreilles.

L’œuvre religieuses de Borom Gawane peut se résumer à « former l’homme et le mettre sur la voie de l’épanouissement et d’assistance à la communauté ». Mame Cheikh Anta MBACKE a démultiplié l’enseignement de Serigne Touba, organisant ainsi ses talibés en daaras productifs et prospères. Il a acquis, au cours de son existence, une fortune mise exclusivement au service du Mouridisme. La Baraka et les prières de Serigne Touba, son flair, son sens des affaires et le fait de suivre l’actualité et le développement économique lui ont valu beaucoup de succès dans le cadre de ses activités et de ses rapports avec les décideurs de l’époque.
Son attachement et son amour envers Cheikhoul Khadim n’avaient pas de limites. Cheikh Anta fut, avec Balla Thioro, un des disciples qui a suivi les traces du fondateur du Mouridisme en le trouvant à Lambaréné, au Gabon, en 1899.

Admiré et animé d’une volonté de servir Cheikh Ahmadou Bamba, le développement de ses affaires, ses déplacements fréquents à travers le pays, en Syrie, en Egypte et la sous région lui ont, sans doute, valu d’être sous l’œil de l’autorité coloniale d’alors.
En 1912, les exactions de l’autorité vont se faire sentir. En effet, un procès va l’opposer à celle-ci au sujet de sa nationalité. Il été accusé d’avoir falsifié sa date et son lieu de naissance, d’avoir refusé d’obtempérer aux droit de douane.
Ces accusations gratuites et non fondées ne répondaient pas à l’éducation reçue de Cheikhoul Khadim Ahmadou Bamba, de sa démarche et des actes qu’il avait posés jusque là.

Après un voyage qu’il effectuera en terres gambiennes, Mame Cheikh Anta fut accusé pour « fraudes douanières et liaisons avec un pays étranger sans autorisation de l’ »administration française ». Il fut arrêter le 29 janvier 1930 et mis en résidence obligatoire à Saint-Louis.
Sa déportation au Soudan Français fut décidée après 8 mois de détention, le 13 octobre 1930, et ce jusqu’à 1934.
Mame Cheikh Anta MBACKE quitta ce bas-monde le jeudi 10 mai 1941 et repose à Darou Salam, précisément à l’emplacement où il avait reçu Cheikhoul Khadim de retour du Gabon en 1902. Sa vie et son œuvre constituent, aujourd’hui, un bréviaire pour l’ensemble des talibés, tant par son abnégation dans la foi et sa détermination à servir Cheikh Ahmadou Bamba.

Le MAgal de Darou Salam sera célébré ce Lundi 15 Septembre 2014. Puisse Dieu nous donner l’opportunité de célébrer plusieurs années encore cet important événement de la vie de la communauté mouride.

source : darousalam.org

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