Sermon Tabaski 2013 du Calife Général des Mourides

 

Sermon Tabaski 2013 du Calife Général des Mourides, proconcé à son nom par l’Imam Serigne Fallou Abdoul Khadre, le16 Octobre 2013 à Touba

Que la Paix soit sur vous.

Nous adressons, au nom du Calife des mourides, nos salutations et nos vœux à tous nos condisciples mourides, en ce jour correspondant à la fin des dix meilleurs jours de l’année musulmane. La précellence de ces jours nous ayant été révélée par le Seigneur Lui-même qui jura, dans le Saint Coran, par cette décade. En effet, sachant que Seul le Seigneur est habilité à jurer par une chose différente de Lui-même, toute chose par laquelle Il aura choisi de jurer ne peut être qu’auguste et éminente. Que cette chose soit un endroit particulier, certains moments particuliers ou certains effets de Sa Création qu’Il aspire singulièrement magnifier (tels le soleil, la lune etc.). C’est ainsi qu’Il a juré [dan la sourate « L’Aube »]sur l’ensemble des dix jours sacrés qui viennent de s’écouler, en en particularisant certains : « Par l’aube ! Par les Dix Nuits ! Par le Pair (Tabaski) et l’Impair (Arafat) » (89:1-3) L’excellence attribuée à ces jours en fait ainsi des moments d’adoration intense de Dieu et de multiplication des œuvres pie (prières, lecture du Coran, œuvres charitables, pardon mutuel, raffermissement des liens de parenté et de fraternité etc.). Du fait surtout que la rétribution des bonnes actions y est accrue, au même titre que les punitions correspondant aux mauvaises actions l’y sont aussi.

Pour ce qui est de la célébration de la Tabaski – le dernier jour de cette décade – il est rapporté qu’il n’existe point, en dehors des pratiques obligatoires (Fard), d’actes plus aimables auprès du Seigneur que d’y procéder au sacrifice rituel. Ceci, selon des traditions prophétique authentiques, rapportées par Aïcha (RA) et par d’autres compagnons. Retenez toutefois que le fidèle qui conçoit la sincère intention de procéder au sacrifice du mouton mais n’en a pas les moyens, obtiendra la même rétribution que celui qui l’accomplit (à travers un bélier, une chèvre etc.).

En cette occasion, le Calife présente ses vœux à tous les musulmans. Il en profite pour recommander aux disciples mourides (placés sous son autorité), de même qu’à tous ses autres frères musulmans (consentant à suivre ses avis), de se conformer, en ces moments, aux Ordres de Dieu, tout en évitant d’y contrevenir à Ses Interdits. Ces recommandations du Calife, qu’il nous a ordonné de vous transmettre, tournent essentiellement autour des trois axes suivants : l’actualité du pays, celle de la communauté mouride et la déférence due à la ville de Touba.

Le Calife a constaté les nombreuses lamentations et cris de détresse, menant même quelques fois certains à manifester [violemment]leur mécontentement. Il rappelle à ces concitoyens [impatients]que ce genre de comportements ne correspond nullement à l’attitude du véritable musulman, ni, à fortiori, à celle d’un véritable mouride. La conduite du vrai croyant est plutôt de rendre grâce à Dieu et de Lui exprimer sa reconnaissance, aux moments de bonheur, et de faire preuve de patience et d’abnégation, durant les moments d’épreuves. Ceci, en ne manquant surtout pas d’user de tous les moyens rationnels requis se trouvant à sa portée, tout en implorant le Seigneur Omnipotent de changer cette situation. Ce n’est qu’à cette condition que tout évènement intervenant dans la vie du croyant et toute situation où il se trouve finira par se transformer en bénédiction et en avantage. Conformément à ce précieux enseignement du Prophète (PSL) qui nous a appris : « Le cas du croyant est vraiment étrange ! En effet, tout ce qui se rapporte à sa vie s’avérera être un bienfait. Un privilège que le croyant ne partage avec nul autre… En effet, un vrai croyant fait tellement preuve de reconnaissance envers Dieu pour tout bonheur qui lui arrive que celui-ci finit par devenir un bienfait. Il fait tellement preuve de patience lorsqu’un mal le frappe que celui-ci finit également par devenir un bienfait… » Cheikh A. Bamba, son Serviteur privilégié, a mis en pratique ce principe, en écrivant : « Ô mon Seigneur ! Si tu me donnes, je t’exprime ma reconnaissance. Et si tu me prives, je t’exprime mon agrément et ma satisfaction. »

Le Calife recommande, à cet égard, à tous ceux qui ont en charge des responsabilités relatives au bien-être des populations de s’évertuer de tout leur possible à les assister et à alléger leur fardeau. Il exhorte ces dirigeants à faire preuve de beaucoup de mansuétude et de bienveillance envers leurs sujets. Sachant que c’est à cette seule condition que leur Seigneur manifestera à son tour Sa Mansuétude et Sa Miséricorde à l’égard de ces mêmes dirigeants. Et que le contraire exposera ces derniers à une sévérité similaire de la part de leur Créateur qui pourrait ainsi les soumettr à Sa Justice extrême. Conformément à la Parole de Dieu : « Tout mal qui t’arrive procède de toi-même » (Coran). Puisse le Seigneur nous en préserver… Cette sévérité divine envers les dirigeants despotiques des musulmans constitue en vérité une invocation du Messager de Dieu (PSL), qui implorait son Seigneur en ces termes : « Ô mon Dieu ! Quiconque, parmi ceux qui auront en charge les affaires des musulmans, fera preuve de compassion envers eux, traite-le avec compassion. Mais quiconque, parmi ceux qui auront en charge les affaires des musulmans, se comportera de façon impitoyable envers eux, traite-le sans pitié. »…

Pour ce qui est de notre communauté, le Calife a observé qu’il est un grand nombre de phénomènes, d’évènements et de prosélytisme intéressé que certains essaient de rattacher au Mouridisme et à Cheikh A. Bamba. Au point même de porter préjudice à son image et à dénaturer sa doctrine [aux yeux des observateurs non avertis]. Alors qu’en réalité tous les enseignements de Cheikh A. Bamba sont clairs et conformes [au Coran et à la Sunna], si l’on se réfère à ses écrits, à ses actes et propos tenus de sources authentiques. Les valeurs morales auxquelles s’attachaient tous les disciples qu’il eut personnellement à éduquer constituent également des indices suffisants à même de prouver la nature orthodoxe de ses enseignements. Sachez donc que tout individu qui s’écarte de ces principes bien connus, ne prêche en réalité que pour sa propre chapelle et ne s’active en fait que pour ses seuls intérêts. Raison pour laquelle, il s’avère important pour tout un chacun de ne pas s’égarer, ni de se laisser égarer, contrairement à certains comportements assez répandus tendant de nos jours à le faire penser…

Relativement, enfin, à la ville sainte de Touba, le Calife rappelle à tous que son fondateur ne l’avait créé qu’avec l’objectif d’y adorer dument le Seigneur et d’y vivifier la Sunna du Prophète (PSL). Aussi toute personne y résidant se doit de se conforme de tout son possible à ces principes fondateurs, afin d’obtenir, avec la Permission de Dieu, la satisfaction de ses vœux et d’être préservé des maux qu’il redoute. Que ceux qui, par contre, continuent d’enfreindre ces principes d’adoration de Dieu, ne s’en prennent qu’à eux-mêmes quant aux conséquences de leurs actes. Tout habitant de la ville qui y verrait un autre se comporter de la sorte devra donc, soit, l’orienter dans le droit chemin, si cela est en son pouvoir, soit, autrement, en aviser les autorités compétentes pour que celles-ci prennent toutes leurs responsabilités. « Que la Paix soit sur celui qui suit le Droit Chemin… » (Coran)

Le Calife termine en rappelant à tous l’obligation de s’acquitter de la Zakât (aumône légale) sur l’ensemble des biens imposables, afin que nos patrimoines demeurent purs et bénis. Il exprime à tous sa gratitude et implore le Seigneur de nous assister et de nous guider vers ce qu’Il agrée. Il en profite également pour prier en faveur des pèlerins se trouvant actuellement aux Lieux Saints, afin que le Seigneur les fasse revenir en paix, agrée leurs dévotions, en sollicitant d’eux en retour qu’ils prient pour notre pays et pour tous les pays musulmans.

Que la Paix soit sur vous.

 

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